Ressources juridiques ESG – Normes ESRS/VSME, Sapin II, anti-greenwashing (Bretagne & France)

Spécialiste de la conformité ESG et du reporting de durabilité basé en Finistère (Bretagne), Ycompris accompagne les ETI bretonnes et françaises dans l’application des normes ESRS, VSME, de la loi Sapin II et de la directive anti-greenwashing 2024/825. Retrouvez ici les textes officiels européens et français les plus récents, avec leurs liens directs.

Pourquoi ces ressources sont particulièrement utiles pour les entreprises bretonnes

En Bretagne, les enjeux environnementaux (mer, biodiversité côtière, économie circulaire, agroalimentaire) sont au cœur de la double matérialité CSRD. Les normes ESRS et VSME, combinées aux exigences Sapin II et à la directive 2024/825, permettent aux ETI locales de transformer leurs obligations réglementaires en levier stratégique.

Pour vos rapports de durabilité

Taxonomie verte européenne : règlement de l’UE et actes délégués

Plateforme officielle de la Commission européenne sur la taxonomie

EU Taxonomy Compass – Outil interactif officiel de la Commission européenne permettant de consulter les activités économiques éligibles à la taxonomie verte, les critères techniques de screening, les objectifs environnementaux concernés et les exigences « Do No Significant Harm » (DNSH).
Accéder à la plateforme EU Taxonomy Compass

Utilité : cet outil permet aux entreprises et investisseurs de vérifier rapidement si une activité est alignée sur la taxonomie UE, de calculer leur part d’alignement (KPI Green Taxonomy) et de préparer leur reporting CSRD/ESRS de manière précise et conforme.

Textes

SFDR – Sustainable Finance Disclosure Regulation

Le règlement (UE) 2019/2088 sur la publication d'informations en matière de durabilité dans le secteur des services financiers (SFDR) oblige les acteurs financiers (gestionnaires d'actifs, assureurs, conseillers en investissements, etc.) à rendre transparent la prise en compte des enjeux ESG dans leurs produits et stratégies d'investissement.
Il classe les produits financiers en trois catégories : Article 6 (sans objectif de durabilité), Article 8 (promotion de caractéristiques environnementales/sociales) et Article 9 (objectif d'investissement durable).
Évolutions en cours (2025-2026) : la Commission européenne prépare une refonte majeure (suppression probable des catégories Article 8/9, simplification, meilleure prévention du greenwashing, alignement renforcé avec CSRD et taxonomie). Les textes définitifs sont attendus fin 2026/début 2027.

Note : les évolutions (suppression Article 8/9, simplification des labels, alignement CSRD/taxonomie) sont en cours de négociation. Suivez les actualités sur le site de la Commission pour les textes définitifs attendus en 2026-2027.

Dispositif anticorruption

Loi Sapin II — Loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique.

Recommandations de l'Agence française anticorruption (AFA) :
Recommandations AFA – Mise en œuvre d’un dispositif anticorruption (PDF)

Dispositifs anti-greenwashing

Loi française

Texte / Référence Peine maximale prévue Observations juridiques Champ d'application
Code de la consommation L121-2/3/4 + L132-2 (Pratiques commerciales trompeuses) Personne physique :
• 2 ans prison + 300 000 €
• Ou 10% CA moyen annuel
• Ou 80% dépenses pub (allégations enviro.)

Personne morale :
• 1,5 M€ (quintuple)
• Ou 10% CA moyen
• Ou 80% dépenses pub

⚠️ NOUVEAUTÉ 2024 :
Si diffusion en ligne :
• 5 ans prison + 750 000 €
Texte le plus fréquemment appliqué en matière de greenwashing.
Points d'attention :
• Charge de la preuve des allégations sur l'annonceur
• Obligation de justifier toute allégation environnementale
• Application stricte du principe de véracité
• L'intention frauduleuse n'est pas nécessaire (différence avec escroquerie)
• Exemple récent : TJ Paris 23/10/2025 vs TotalEnergies – Condamnation pour allégations neutralité carbone : astreintes 20 000 €/jour, publication jugement 6 mois sur site/réseaux, dommages moraux 10 000 € par ONG plaignante, indemnité procédurale 20 000 €. Pas de prison, focus sur cessation et transparence.
B2C principalement
Toute communication commerciale susceptible d'influencer le consommateur
Code pénal 313-1 (Escroquerie) Personne physique :
• 5 ans prison + 375 000 €

Personne morale :
• 1 875 000 € (quintuple)

Circonstances aggravantes :
• 7 ans + 750 000 € (qualité, vulnérabilité...)
• 10 ans + 1 M€ (bande organisée)
Exigences cumulatives strictes :
1. Manœuvres frauduleuses caractérisées (montage complexe)
2. Remise effective de fonds/biens par la victime
3. Intention frauduleuse avérée (dol spécial)

⚠️ Le greenwashing est poursuivi sur L121-2 Conso, PAS sur 313-1 CP.

Distinction clé : pratique trompeuse ≠ escroquerie
Toute personne (physique/morale)
Nécessite remise effective de biens
Code pénal 441-1 (Faux et usage de faux) Personne physique :
• 3 ans prison + 45 000 €

Personne morale :
• 225 000 € (quintuple)

Peines complémentaires possibles (interdiction droits civiques, etc.)
Nécessite une falsification matérielle de document :
• Faux certificats environnementaux
• Faux rapports d'analyse
• Faux labels (utilisation sans droit)
• Falsification de données ESG

⚠️ Très rare en pratique pour greenwashing "simple" (allégations verbales non documentées)
Toute personne
Nécessite document falsifié
Loi AGEC
Code environnement L541-9-1 et s. (Allégations sur produits/emballages)
15 000 € par infraction (amende administrative)

Astreinte possible :
20 000 € par jour en cas de non-mise en conformité

⚠️ Note : Pas de sanction en % du CA identifiée dans le texte (vérification nécessaire sur cette disposition)
Interdictions depuis 1er janvier 2023 :
1. "Biodégradable"
2. "Respectueux de l'environnement"
3. Toute mention équivalente
4. "Compostable" (plastiques hors compostage industriel)

⚠️ Interdiction limitée aux PRODUITS et EMBALLAGES (pas la publicité en général)

Contrôles DGCCRF actifs depuis 2023

Obligation d'information sur qualités environnementales (article 13)
B2C
Produits soumis à REP
Étiquetage et emballages
Loi Climat & Résilience
Code environnement L229-55 à L229-68
Décrets 2022-538 et 2022-539 ("Neutralité carbone")
⚠️ CADRE EN MUTATION
Amende administrative :
100 000 € à 300 000 €
(⚠️ montants à vérifier dans décret 2022-538)

Injonction de retrait/correction

⚠️ ATTENTION : Ce régime sera probablement ABROGÉ suite à transposition Directive 2024/825
Encadrement actuel "neutralité carbone" :
1. Bilan GES cycle de vie complet (ISO 14067)
2. Démarche de réduction prioritaire
3. Compensation résiduelle seulement
4. Transparence : modalités sur site web accessible

Croisé avec L121-2 dans TJ Paris 23/10/2025 : neutralité carbone jugée trompeuse si non alignée 1.5°C, sans invocation directe de la loi Climat (priorité Code conso pour communications).

⚠️ ÉVOLUTION MAJEURE ATTENDUE :
La Directive 2024/825 INTERDIT la neutralité carbone basée sur compensation → L229-68 sera probablement abrogé.
Allégations neutralité carbone deviendront INTERDITES (liste noire) dès sept. 2026
Toute publicité mentionnant "neutralité carbone" ou équivalent
Code monétaire et financier L465-1 (Manquements boursiers/financiers) Personne physique :
• 5 ans prison
• Jusqu'à 100 M€ ou 10x profit (si supérieur)

Personne morale :
• Jusqu'à 100 M€ ou 10x profit
• Ou 15% CA (si supérieur)

Sanctions AMF (administratives)
⚠️ Champ d'application RESTREINT :
• Sociétés cotées
• Établissements financiers
• Manquements aux obligations d'information financière

Concerne :
• Prospectus trompeurs
• Rapports ESG mensongers (CSRD/SFDR)
• Manipulation de cours
• Information privilégiée

⚠️ NON PERTINENT pour PME/ETI classiques non cotées
Sociétés cotées
Établissements financiers
Documents réglementés
Code de commerce L442-1 (Pratiques restrictives B2B) 5 M€ OU 5% du CA annuel HT français

Sanction civile

Réparation du préjudice commercial
⚠️ Application INDIRECTE au greenwashing :
Concerne les pratiques restrictives B2B :
• Déséquilibre significatif
• Obtention d'avantages sans contrepartie
• Rupture brutale de relations commerciales

Lien avec greenwashing :
Si allégations environnementales constituent un avantage trompeur dans négociation commerciale B2B

⚠️ RAREMENT mobilisé pour greenwashing pur (plutôt L121-2 Conso même en B2B)
B2B uniquement
Relations commerciales établies
Code civil Articles 1240-1241 (Responsabilité civile délictuelle) ⚠️ Pas de "peine" (responsabilité civile)

Dommages-intérêts variables selon préjudice démontré :
• Préjudice moral
• Préjudice économique
• Préjudice écologique

Pas de plafond légal

Action de groupe possible (multiplication des montants)
Régime de droit commun de la responsabilité :
1. Fait générateur (allégations trompeuses)
2. Préjudice (moral, économique, écologique)
3. Lien de causalité

⚠️ Cumul possible avec sanctions pénales/administratives

Préjudice moral des associations reconnu :
• TotalEnergies : 8 000 € par association
• Défense intérêts collectifs consommateurs/environnement

Action de groupe (Code conso) : indemnisation collective possible
Toute personne justifiant d'un préjudice
Associations agréées
Action de groupe
Code civil Articles 1246-1248, 1252 (Préjudice écologique) Dommages-intérêts variables + cessation préventive Applicable subsidiairement, mais difficile pour allégations sans préjudice caractérisé. Toute personne justifiant d'un préjudice écologique

Directive européenne dont la transposition est attendue le 27 mars 2026

Directive (UE) 2024/825 du Parlement européen et du Conseil du 28 février 2024 visant à modifier les directives 2005/29/CE et 2011/83/UE en ce qui concerne l’autonomisation des consommateurs pour la transition verte (« Empowering consumers for the green transition »).

Texte intégral de la Directive 2024/825 (Journal officiel de l’UE)

Ces ressources sont fournies à titre informatif. Elles ne constituent pas un conseil juridique personnalisé. Pour une analyse adaptée à votre situation, contactez-nous.

Ressources mises à jour en janvier 2026 – Ycompris, expert CSRD et conformité ESG en Bretagne (Finistère) et France.